Publié dans Book to Movie, Chronique

La Couleur pourpre

Résumé :

Depuis leur séparation, depuis des années, Nettie et Celie, deux jeunes Noires, sœurs tendrement unies, n’ont cessé de s’écrire. Mais aucune missive, jamais, n’est parvenue ni à l’une ni à l’autre.

C’est que Celie, restée là-bas, près de Memphis, subit la loi d’un mari cruel qui déchire toutes les lettres venues d’Afrique – où Nettie est missionnaire. Alors Celie, la femme-enfant, écrira via le bon Dieu, qui, lui, sait tout… Pourquoi, entre elles, cette correspondance déchirante et sans fin, obstinée, presque immatérielle ?

Mon avis :

Fin janvier de cette année, j’ai été invitée  par LaFrousse à rejoindre le groupe Our Shared Shelf créé par Emma Watson sur Goodreads. En effet, au début de l’année, l’actrice, ambassadrice de l’ONU pour le droit des femmes, a créé un club de lecture féministe, au sein duquel elle nous invite à partager chaque mois la découverte d’un livre ayant pour thème le féminisme. Le but étant que ces lectures soient suivies d’échanges à large échelle, de prises de conscience et d’apports de connaissances sur certains points, de rencontres entre lecteurs…

A ce moment là, il était trop tard pour moi pour me procurer le livre et effectuer la lecture commune de janvier (My Life on the Road, Gloria Steinem), mais je me suis fait une joie de me rattraper avec ce second livre : La Couleur Pourpre, de Alice Walker.

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C’est archi bien tombé, ce roman prenait la poussière dans ma PAL, et je ne trouvais jamais la motivation de l’en sortir, du coup ça m’a un peu « forcée » à me plonger dedans.

Je dois dire qu’au début j’ai eu un peu de mal à accrocher à cette histoire, et pourtant ce ne sont ni le côté épistolaire, ni la syntaxe (Celie écrit comme elle parle…) qui m’ont rebutée, bien au contraire, j’ai trouvé qu’ils donnaient un côté plus réel et plus profond au récit.

C’est plutôt le fait que Celie, qui écrit ses lettres au bon dieu, nous raconte une histoire qui me choquait par son côté malsain, et c’était de pire en pire au fur et à mesure que je tournais les pages.

Non pas que je sois prude, mais c’est assez difficile à lire, d’autant plus quand on a une imagination fertile et qu’on se représente assez facilement ce qu’on est en train de lire. Car il faut dire que l’histoire débute lorsque Celie n’a que 14 ans, elle est enceinte de son père (qui la viole) pour la deuxième fois, et mariée peu après à un homme brutal qui la séparera de sa sœur bien aimée.

J’ai commencé à aimer ma lecture à l’arrivée du personnage de Shug, chanteuse et idole de Celie, qui deviendra son amie par la suite, et également ancienne maîtresse de son mari. Shug est très indépendante, libre, elle fait ce qu’elle veut et personne ne se risque à l’en empêcher. C’est grâce à elle et à son amitié que Celie va commencer à changer, à prendre confiance en elle, à se découvrir, pour finir par s’affirmer et s’émanciper.

C’est un personnage qui m’a beaucoup plu, car en comparaison à Celie qui se laisse tout le temps faire, qui ne bronche pas, qui se laisse écraser et battre, Shug a du répondant et du mordant. Même si peu de personnes se montrent accueillantes ou même bienveillantes envers elle, car elle a la réputation de mener une vie de débauche, Shug s’en fiche, elle s’assume, elle est qui elle est, point barre.

En un sens, je comprend que les mœurs et l’époque étaient différentes d’aujourd’hui, mais j’avoue que ça m’a un peu énervée de voir Celie si soumise, qu’elle dise Amen à tout et qu’elle ne se révolte pas, qu’elle se laisse faire sans même protester !

J’ai trouvé dommage, par contre, que l’auteure ait laissé les personnages féminins seuls porter cette histoire, car on peut voir à la fin du récit qu’il y a eu une évolution également dans le comportement des hommes, et que même certains hommes, comme le mari de Celie, ne choisissaient pas leurs femmes, elles leur étaient imposées par leurs parents… j’aurais aimé voir cet aspect plus exploité et plus mis en avant.

Au final, c’est un roman très humain, qui nous parle du traitement que subissaient ces femmes de couleur au début du XXème siècle (viols, coups, maltraitance sous toutes ses formes, refus à l’éducation…), dans une société où les femmes n’étaient rien, elles étaient juste bonnes à marier, à s’occuper de la maison et des enfants, et à obéir aveuglément à leur mari. Alice Walker nous parle également, de tolérance, d’amitié, d’amour, de sexualité aussi, d’espérance, et de foi en l’être humain. C’est un très beau roman, que j’ai beaucoup aimé, mais malgré son prix Pulitzer il y a un peu plus de 30 ans, il n’aura pas su me toucher et m’émouvoir autant que je l’espérais.

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Citations :

Même qu’il aime ce genre de corvées plus que moi. Moi, ça me plait mieux de travailler aux champs, ou de m’occuper des bêtes. Même couper le bois. Mais lui il aime ça, faire la cuisine, le ménage, et aussi le bricolage.

Et quand je lui ai dit que les Olinkas ne croyaient pas à la nécessité de l’instruction pour les filles, elle m’a répondu aussitôt :

– Ils sont comme les Blancs de chez nous, qui ne veulent pas entendre parler d’éducation pour les Noirs.

Le Meeting :

Le meeting s’est déroulé dimanche dernier (le 06 mars) à l’Institut Finlandais. C’était ma toute première rencontre avec ce club et j’avoue que j’avais un peu peur d’arriver dans un groupe déjà formé et de ne pas réussir à m’intégrer. J’ai été heureuse de constater que ce n’était pas le cas, mon amie Laurence et moi-même avons été accueillies à bras ouverts, et pour ma part j’ai beaucoup aimé cet échange, ces discussions très sérieuses (surtout celle sur Pocahontas !), c’était vraiment super agréable et je n’ai pas vu le temps passer. Merci à LaFrousse et son copain, Razmot, Justine, Sophie Marie, et ma Lilouchou pour ce super moment. Vivement le mois prochain ! ;D

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Un mot sur l’adaptation :

Quelques jours après avoir terminé le roman, j’ai voulu regarder l’adaptation de Steven Spielberg, dont on m’avait dit énormément de bien. Je l’ai trouvée très bien réalisée, bien fidèle au livre dans son ensemble, et le jeu excellent des acteurs (Whoopi Goldberg, Margaret Avery, Oprah Winfrey, Danny Glover…) m’a en réalité beaucoup plus touchée qu’à la lecture de l’oeuvre originale. J’ai versé ma larme à la fin, j’ai été très émue. J’ai aussi beaucoup aimé les moments chantés du film, la touche musicale est toujours bien associée à l’ambiance. Néanmoins je n’ai pas compris l’intérêt de certaines scènes qui n’étaient pas dans le livre et développées ici, et qui à mon sens n’apportent pas tellement à l’histoire, alors que j’aurais aimé que le film s’étende un peu plus sur certains passages de la fin. Bref un très bon film que je vous recommande, même si le livre ne vous dit rien.

Trailer :

P.S. : Je profite de ce post qui est pile dans le sujet pour vous souhaiter une bonne journée de la femme à vous toutes mesdames/mesdemoiselles !

6 commentaires sur « La Couleur pourpre »

    1. Oui justement je pensais qu’il me ferais cet effet aussi, comme à la grosse majorité des gens, mais non xD Bien sûr, il m’a touché, mais pas au point de me serrer le coeur ni d’en pleurer… ^^ » alors que le film si ! A la fin c’était l’inondation à mes pieds limite ;D en tout cas, c’est sûr que je le recommanderai !

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  1. Je surfais sur ton blog par hasard et je me suis dit « tiens je vais regarder si elle a fait un article sur La couleur pourpre ». Je suis vraiment contente que notre petit meeting t’ait plu 🙂
    Pareil que toi j’ai trouvé le film assez émotionnel et la musique de Sister est super

    Aimé par 1 personne

    1. Et oui j’ai fait un article ! Le meeting m’a tellement plu j’avais envie d’en parler, même brièvement 😛 J’ai hâte d’être au prochain ! (mais j’ai regardé sur Book Depository et le livre n’a toujours pas été envoyé xD je suis maudite mdr :P)

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  2. Le film était magnifique, je n’ai par contre pas lu le livre, je n’aime pas trop plonger dans un roman dont je connais déjà l’histoire, il n’y a plus le plaisir de la découverte.

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    1. Pareil, j’ai du mal à lire un livre si j’ai déjà vu le film et que l’histoire a été respectée… par contre l’inverse ça marche ! c’est pour ça qu’en général quand une adaptation sort et que je n’ai pas lu le livre (et que je compte le lire ça va de soit), je ne la regarde qu’après lecture… du coup je suis à la bourre pour pas mal de films, mais bon 😛 Pour celui-ci quoiqu’il en soit, j’ai trouvé le film meilleur au niveau du ressenti 😉

      Aimé par 1 personne

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